Baromètre Ethias : quand les accidents sur le chemin du travail pèsent sur l’absentéisme
Alors que la question du retour au travail occupe une place croissante dans le débat public en Belgique, Ethias publie son Baromètre 2025 des accidents sur le chemin du travail. L'analyse montre que ces accidents ne constituent pas seulement un enjeu de mobilité ou de sécurité routière : ils pèsent aussi sur l'absentéisme, avec des incapacités souvent plus longues que celles observées après un accident survenu sur le lieu de travail. En 2025, ils représentent un dossier avec incapacité de travail temporaire sur quatre et génèrent plus d'un quart des jours d'absence liés aux accidents. Une réalité qui redessine les enjeux en matière de prévention, d'absentéisme et de retour au travail.
À propos de l'étude
Pour réaliser son Baromètre des accidents sur le chemin du travail, Ethias a analysé près de 10.620 sinistres, survenus sur le chemin du travail durant l’année 2025, enregistrés au sein de son portefeuille clients. Cette étude permet de suivre l'évolution des accidents survenus lors des trajets domicile-travail, d'en mesurer les conséquences en matière d'incapacité de travail et d'identifier les principales tendances en matière de mobilité et de prévention.
Les principaux enseignements :
- Les accidents sur le chemin du travail représentent 25 % des dossiers avec incapacité temporaire de travail (ITT) et 28 % des jours d'absence liés aux accidents du travail.
- Leur durée moyenne d'incapacité est 12 % plus élevée que celle observée pour un accident survenu sur le lieu de travail.
- Après six mois d'absence, seuls 3 % des dossiers restent ouverts mais ils totalisent 53.172 jours d'incapacité.
Des absences souvent plus longues et des conséquences plus lourdes
Après la baisse observée durant la période Covid, les accidents sur le chemin du travail poursuivent leur progression. En 2025, Ethias a enregistré 10.620 accidents sur le chemin du travail, contre 10.351 l'année précédente.
Mais le principal enseignement de l'étude réside dans leurs conséquences.
L'analyse montre que les accidents sur le chemin du travail pèsent lourdement sur l'absentéisme et entraînent souvent des conséquences plus graves que les accidents survenus sur le lieu de travail :
- ils représentent aujourd'hui 25 % des dossiers avec incapacité temporaire de travail (ITT) et 28 % de l'ensemble des jours d'absence liés aux accidents du travail ;
- la durée moyenne d'incapacité est supérieure de 12 % ;
- le coût moyen est près de 19 % plus élevé (3.333 € contre 2.802 €) ;
- 54 dossiers ont entraîné une incapacité permanente en 2025 ;
- 4 décès ont été recensés parmi les accidents sur le chemin du travail.
Une minorité de dossiers génère une part importante de l'absentéisme longue durée
Parmi les 6.796 dossiers d'accidents sur le chemin du travail ayant donné lieu à une ITT, la grande majorité entraîne des absences relativement courtes. Ainsi, 4.870 dossiers, soit 72 % des cas, ont généré moins de 30 jours d'incapacité. Ensemble, ils totalisent 40.904 jours d'absence, soit une moyenne de 8 jours par dossier.
La situation est très différente pour les dossiers les plus longs. Après six mois d'incapacité, environ 3 % des dossiers restent encore ouverts. À eux seuls, ils totalisent 53.172 jours d'absence et affichent une durée moyenne d'incapacité de 256 jours par dossier.
Ces chiffres montrent qu'une minorité de dossiers génère une part importante de l'absentéisme lié aux accidents sur le chemin du travail.
À l'heure où le retour au travail est devenu un enjeu majeur pour les pouvoirs publics, les employeurs et les travailleurs, cette réalité rappelle que certaines absences prolongées trouvent également leur origine dans des accidents survenus entre le domicile et le lieu de travail.

Derrière les absences longues, des blessures souvent plus étendues
L'analyse des lésions permet également de mieux comprendre pourquoi certains accidents sur le chemin du travail entraînent des incapacités particulièrement longues.
En 2025 :
- les lésions touchant l'ensemble du corps représentent 28 % des dossiers ;
- les blessures aux membres inférieurs représentent 27 % des dossiers ;
- les blessures aux membres supérieurs représentent 18 % des dossiers ;
- les lésions à l'épaule, au torse, aux hanches ou à l'abdomen représentent 12 % des dossiers ;
- les lésions au cou, au dos ou à la colonne vertébrale représentent 9 % des dossiers ;
- les traumatismes à la tête représentent 6 % des dossiers.
L'accident sur le chemin du travail affecte souvent plusieurs parties du corps, voire l'ensemble du corps. Cette réalité contribue à expliquer des périodes de récupération plus longues et, dans certains cas, des incapacités qui se prolongent pendant plusieurs mois.
Ces données rappellent également l'importance des équipements de protection. Elles montrent notamment que les traumatismes à la tête restent relativement limités au regard du nombre d'accidents impliquant des cyclistes et des utilisateurs de deux-roues, ce qui confirme l'importance du port du casque pour réduire la gravité de certaines blessures.

Vélo électrique, trottinette, speed pedelec : une présence croissante dans les accidents sur le chemin du travail
L'analyse des modes de déplacement impliqués dans les 6.796 dossiers d'accidents sur le chemin du travail, ayant donné lieu à une ITT, montre que le vélo arrive en tête avec 1 848 dossiers. Les déplacements à pied, avec 1.642 dossiers, et la voiture, 1.178 dossiers, complètent le trio de tête.
Les nouvelles formes de mobilité occupent également une place importante : Ethias a enregistré 963 accidents impliquant un vélo électrique ou un speed pedelec et 480 accidents impliquant une trottinette, électrique ou non.
Cette évolution se confirme dans le temps. Depuis 2021, les sinistres impliquant un vélo électrique ont progressé de 68 %, tandis que ceux impliquant une trottinette électrique, un speed pedelec ou un scooter électrique ont augmenté de 74 %.
Comprendre les causes pour mieux prévenir
L'analyse des causes apporte également des enseignements utiles pour la prévention.
Pour les cyclistes
- 58 % des accidents sont liés à une perte de contrôle ;
- 23 % à une glissade ou une chute ;
- 9 % à une collision avec un autre véhicule.
Pour les utilisateurs de deux-roues électriques (vélo électrique, trottinette électrique, speed pedelec ou scooter électrique)
- 60 % résultent d'une perte de contrôle ;
- 21 % d'une glissade ;
- 11 % d'une collision avec un autre véhicule.
Pour les piétons
- 74 % des accidents sont liés à une glissade ou une chute ;
- 15 % à un mouvement non coordonné ou intempestif.
Pour les automobilistes
- 60 % des accidents sont liés à une perte de contrôle ;
- 31 % à une collision avec un autre véhicule.
Ces données montrent que les accidents sur le chemin du travail ne relèvent pas uniquement de la circulation ou de la cohabitation entre usagers. Ils sont également liés à la maîtrise du moyen de déplacement, à l'attention portée à l'environnement et aux comportements adoptés par les usagers sur le trajet domicile-travail.
Des réalités différentes selon les régions
L'analyse met également en évidence des différences régionales dans la répartition des accidents sur le chemin du travail avec incapacité.
- 56 % des dossiers sont enregistrés en Flandre ;
- 28 % en Wallonie ;
- 16 % à Bruxelles.
Ces écarts s'inscrivent dans des contextes de mobilité différents selon les régions, notamment en matière de densité de population, d'infrastructures de déplacement et de recours à la mobilité douce
Prévenir l'accident, mais aussi accompagner le retour au travail
Pour Ethias, les enseignements de cette étude montrent que la prévention ne peut plus se limiter à agir avant l'accident.
Lorsqu'une incapacité se prolonge pendant plusieurs mois à la suite de blessures touchant plusieurs parties du corps, le défi consiste également à maintenir le lien avec le travailleur, préparer sa reprise et limiter les risques de rechute.
À travers Ethias Solution, Ethias accompagne les employeurs sur l'ensemble du parcours.
Avant l'accident
- analyse des risques liés à la mobilité ;
- accompagnement des politiques de prévention ;
- sensibilisation et formations adaptées aux réalités de terrain.
Après l'accident
- accompagnement du travailleur dans son retour progressif à l'emploi ;
- élaboration de plans de réintégration adaptés à la situation individuelle ;
- coordination des différents intervenants impliqués dans le processus de reprise ;
- accompagnement des managers et des équipes afin de préparer le retour du collaborateur ;
- mise en place de dispositifs visant à favoriser une reprise durable et à prévenir les risques de rechute.
L'objectif est d'agir à la fois sur les causes des accidents et sur leurs conséquences, en aidant les employeurs à préserver durablement l'employabilité de leurs travailleurs.

« Les accidents sur le chemin du travail ne peuvent plus être considérés comme un phénomène secondaire. Nos analyses montrent qu'ils génèrent des conséquences souvent plus lourdes que les accidents survenus sur le lieu de travail et qu'une minorité de dossiers représente une part importante des incapacités de longue durée. Cette réalité nous rappelle que la prévention reste essentielle, mais qu'elle doit aujourd'hui s'accompagner d'une réflexion plus large sur le retour au travail et la réintégration professionnelle. Grâce à l'expertise de nos équipes de prévention et de réintégration, nous accompagnons les employeurs à chaque étape : comprendre les risques, réduire leur impact et favoriser une reprise durable de l'activité lorsque l'accident survient malgré tout », explique Steve Berger, Head of Prevention & Solution d’Ethias SA.
